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AI Act : qui est concerné, et quel est le vrai calendrier ?

Depuis l’été 2026, une phrase circule dans les comités de direction : « l’AI Act est reporté, on verra plus tard ». Elle est fausse, et elle coûtera cher à ceux qui la croient. Le règlement européen sur l’intelligence artificielle s’applique par étapes — et plusieurs de ces étapes sont déjà derrière nous, sanctions comprises. Voici qui est concerné, ce qui s’applique déjà, et ce qui a réellement été repoussé.

Ce que l’omnibus a changé — et ce qu’il n’a pas changé

Le règlement « omnibus numérique » entré en vigueur en juillet 2026 a repoussé une seule famille d’obligations : celles des systèmes à haut risque. Les usages de l’annexe III (recrutement, scoring, éducation, infrastructures critiques…) basculent au 2 décembre 2027, ceux de l’annexe I (produits réglementés) à août 2028. Tout le reste suit le calendrier d’origine — et une bonne partie est déjà applicable.

Depuis quandCe qui s'appliqueQui est visé
Février 2025Pratiques interdites + obligation de maîtrise de l'IA (article 4 : former ceux qui utilisent vos systèmes)Toute entreprise qui utilise de l'IA — fournisseurs comme déployeurs.
Août 2025Obligations des modèles d'IA à usage général (GPAI)Surtout les fournisseurs de modèles ; indirectement, leurs clients.
2 août 2026Transparence (article 50 : chatbots, contenus générés, deepfakes) + régime de sanctions + gouvernance nationaleToute entreprise dont les clients interagissent avec une IA ou reçoivent du contenu généré.
2 déc. 2027Régime complet des systèmes à haut risque de l'annexe III (reporté par l'omnibus)RH, scoring, éducation, services essentiels — fournisseurs et déployeurs.

« On n’utilise pas vraiment l’IA » : vérifiez

Le règlement ne vise pas que les entreprises qui développent de l’IA : il crée des obligations pour celles qui la déploient. Trois questions suffisent à savoir si vous êtes concerné :

Les sanctions sont actives

Depuis le 2 août 2026, le régime de sanctions est en place : jusqu’à 35 M€ ou 7 % du chiffre d’affaires mondial pour les pratiques interdites, jusqu’à 15 M€ ou 3 % pour la plupart des autres manquements. Le parallèle avec le RGPD est éclairant : l’application a monté en puissance sur plusieurs années, mais les premières entreprises sanctionnées ont été celles qui n’avaient rien fait du tout — pas celles qui avaient une démarche imparfaite mais documentée.

Le bon usage du report

Le report du haut risque à décembre 2027 n’est pas une invitation à dormir : c’est un délai pour faire les choses dans l’ordre. Les outils à haut risque — le tri de CV en tête — sont souvent déjà en place dans les entreprises, achetés par un service sans validation de la direction. L’inventaire de vos systèmes d’IA, la classification de chacun et la documentation de base se font maintenant, à froid ; la mise au niveau « haut risque » se planifie ensuite sur 2027, sans urgence et sans surcoût de dernière minute.

La lecture honnête du calendrier : ce qui vous concerne probablement déjà (transparence, formation, sanctions) est actif ; ce qui est reporté (haut risque) demande précisément le temps que le report vous donne. Dans les deux cas, « on verra plus tard » est la mauvaise réponse.

Pour situer votre entreprise : notre diagnostic de conformité AI Act inventorie vos systèmes, les classifie et vous dit ce qui presse — dans le prolongement direct de notre audit IA.