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Faille PHP2Shell : comment nous avons protégé les serveurs de nos clients

Le 21 octobre 2026, les correctifs de PHP2Shell (CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619) sont publiés. Deux failles notées 9,2 sur 10, dans l’interpréteur PHP lui-même : exécution de code à distance, sans authentification, sur à peu près tout ce qui fait tourner PHP sur le web. Les premières tentatives d’exploitation sont observées le jour même.

Dans ce genre de situation, la question n’est pas de savoir si un serveur est touché. C’est de savoir en combien de temps il sera corrigé. Voici comment nous avons traité la faille chez les clients dont nous gérons les serveurs.

Jour 0, le soir : l’inventaire

Avant de corriger quoi que ce soit, il faut savoir précisément ce qui tourne. Le soir même de la publication, nous avons contrôlé chaque serveur que nous administrons :

Ce contrôle évite deux pièges. Le premier : les distributions Linux intègrent souvent le correctif sans changer le numéro de version affiché, si bien qu’un serveur peut sembler vulnérable alors qu’il est corrigé, ou l’inverse. Le second : plusieurs versions de PHP cohabitent souvent sur une même machine, et ce n’est pas toujours celle qu’on croit qui répond aux visiteurs. Sur l’un des serveurs, le diagnostic initial visait le mauvais composant : seul le contrôle de ce qui tournait réellement l’a montré.

Trois situations, trois réponses

L’inventaire a donné trois cas de figure.

La règle : jamais d’intervention sans retour arrière

Sur chaque serveur, avant toute modification :

Nous n’avons eu à utiliser aucun retour arrière. Mais c’est leur existence qui permet d’intervenir vite sans prendre de risque.

La nuit, puis le contrôle

Les mises à jour ont été faites la nuit. Côté visiteurs, elles se sont traduites par le redémarrage de PHP ou d’Apache : quelques secondes.

Après chaque intervention, nous avons vérifié que la nouvelle version était bien celle qui servait les pages, que les modules PHP étaient identiques à avant, que les pages clés répondaient (y compris le panier et le paiement sur les boutiques) et que les journaux d’erreurs ne montraient rien de nouveau. Nous avons aussi contrôlé l’intégrité des fichiers des sites, pour écarter une compromission survenue avant la correction.

Le bilan

Une faille critique se traite bien quand trois choses sont en place avant qu’elle arrive : un inventaire à jour de ce qui tourne, une méthode d’intervention avec retour arrière systématique, et la capacité de traiter les systèmes anciens au lieu de les laisser de côté.

Vous gérez des serveurs PHP, en interne ou avec un prestataire, et vous n’êtes pas certain qu’ils soient corrigés ? Voyez notre page sur la faille PHP2Shell (versions touchées, atténuations, intervention) ou décrivez-nous votre situation. Des signes d’intrusion ? Passez directement par notre intervention sur incident cyber.